Olivier Gerval

Olivier Gerval est diplômé de l’École supérieure des arts appliqués de Paris, il est attiré par l’art, le design, la mode et la communication, qu’il considère tous comme essentiels à l’évolution de son travail. Il fédère très tôt ces divers centres d’intérêt, qu’il développe en symbiose, sans tenter de privilégier l’un d’entre eux. C’est toutefois la sculpture et le design qui l’emportent au début de sa carrière professionnelle, surtout durant les années où il réside au Japon (1991-2003).

 

Sculpteur, il emprunte à la mode les techniques de coupe des vêtements pour les appliquer au travail du métal brut et de la fibre de verre. Créateur d’objets de design, il intègre la lumière à ses colonnes en acrylique et à ses paravents.

En 1999, le photographe Izima Kaoru lui consacre un livre, Shadows and light. Olivier Gerval expose au Japon, en France et à New York. Il a créé en 2003 à Paris une école de design qui porte son nom : Olivier Gerval Fashion + Design Institute.

 

Collections publiques

> Boccaccio 70 à Kobé (Japon)

> People sur l'esplanade du château des Tourelles à Vernon

> Trois pas au musée Jules Michelet à Vascoeuil

Sculptures en acier soudé et texturé

Le sculpteur façonne, modèle, taille, coupe, polit, soude. La matière est essentielle, qu’elle soit martelée, chauffée, tordue… L’acier offre de nombreuses possibilités mais la principale contrainte est la corrosion, cependant Olivier Gerval utilise cette dernière pour créer des textures. Il donne à ce matériau l’apparence du bois par des abrasions, des polissages qu’il expose à l’humidité, puis il nettoie la surface rouillée qu’il vernit. La patine de l’acier Corten rappelle, également, l’aspect du bois, sa corrosion superficielle forcée permet à l’acier de résister aux conditions atmosphériques. Ariane Cauderlier, guide conférencière, explique dans une description de People, une sculpture installée à Vernon, dans l’Eure : « La surface du métal est travaillée de reliefs qui saisissent les moindres éclats de lumière, en particulier au soleil couchant. » Le métal ainsi « texturé » acquiert une vigueur et une tension virile qui irradie. La pureté envahit l’oeil, les portes de l’infini s’ouvrent et offrent au spectateur la vie. Ce procédé insuffle à la matière l’âme, offrant à l’oeuvre l’éternité. La spiritualité, c’est l’esprit opposé à la matière, et la sculpture est la représentation de l’artiste dans la matière.

People

Acier galvanisé et peint,

488 x 390 x 400 cm, 1998, Vernon.

Le Néant

Acier corrodé verni, groupe de neuf personnages penchés  sur un miroir noir placé dans un panneau de récupération brossé et verni, 230 x 200 x 160 cm, 1997.

La Vie

Fibre de verre peinte, renforcée par une structure en acier, 220 x 600 x 220 cm, 1997.

Le Baiser

Acier Corten, 360 x 280 x 250 cm, 1999.

La force que les hommes emploient dans les arts montre que l’esprit guide la main et que le geste anime la matière. Le sculpteur introduit la pensée dans la matière, la forme et la couleur. Les sculptures d’Olivier Gerval sont faites de gabarits coupés dans des plaques d’acier. Ces morceaux sont assemblés par des soudures. L’acier est travaillé comme le papier ou le carton — tracé, coupé, roulé, plié, tordu, peint ou verni — pour lui donner un aspect aussi souple qu’un tissu. Rien d’académique dans son travail. La sculpture ne se limite pas au geste et à la reproduction d’une apparence, elle est symbolique. Elle a cette capacité à extraire l’essence des êtres ou des choses qui nous entourent afin de les révéler au monde. Comme le musicien avec le son, le peintre avec la couleur, le sculpteur combine matière, forme et couleur, pour stimuler les récepteurs sensoriels de celui qui regarde l’œuvre. Une sculpture peinte devient familière, elle parle à notre inconscient collectif en nous replongeant dans l’univers de l’enfant et des jouets. Toute sculpture est spirituelle. Dès lors, l’art devient un partage.

Sculptures en matériaux composites

L’art est ici un combat, une alchimie qui transforme les métaux et autres composants en matériaux nobles. Olivier Gerval transcende l’acier ou les matériaux composites et leur insuffle la vie par les textures qu’il crée. Cette fusion des éléments — les fibres de verre ou de métal, les mastics, l’acier, les liquides, les peintures, les bandes Velpeau, et le feu — érige en principe la transformation de la matière comme source de création et d’innovation. La fibre de verre, appliquée en fine couche, s’illumine aux couleurs voulues, le bleu dans la sculpture La Vie. Ce revêtement fragile nécessite une armature suffisamment solide pour compenser le manque de matière, de même qu’un matériau composite est rendu plus solide lorsqu’il est renforcé par des fibres ou l’épaisseur des strates qui le composent. Les produits utilisés par les carrossiers, comme les mastics et les peintures, sont également des composants intéressants, repris d’ailleurs dans la confection des mannequins de vitrine. Ci-contre, il est possible de voir les effets de textures obtenus sur ces trois sculptures à partir de mastic cellulosique et de fibre de verre.

L’ambition du sculpteur est d’exprimer le réel par le signe, et chaque sculpteur est l’expression de son époque et des matériaux qu’elle génère. L’artiste métamorphose la réalité quotidienne, le sculpteur n’a pas à justifier ses choix, il est un visionnaire, il imagine, représente et exprime l’indicible.

Matériaux des éléments d’assemblage

Son grand-père monteur en bronze a transmis à Olivier Gerval sa passion des objets confectionnés, moulés puis assemblés entre eux. Aussi ce dernier s’enflamme-t-il lorsqu’il entre chez Weber métaux, lieu emblématique des matériaux à Paris. Cette maison, fondée en 1889, commercialise des métaux sous toutes leurs formes, mais propose aussi de la visserie et de l’outillage. Ce lieu constitue une véritable matériauthèque et une source d’inspiration pour les designers. Tous les matériaux y sont exposés et des spécialistes guident les visiteurs et expliquent les techniques et les outils nécessaires à l’utilisation des plastiques, des métaux, des tiges, des barres, des tubes, des tôles, des toiles métalliques, des câbles, des fils, des billes… Olivier Gerval attache une grande importance à la visserie dans ses objets de design, la matière et les finitions des boulons et des écrous soutiendront le style. L’assemblage de matériaux de différentes textures permet d’obtenir des jeux de reflets par la juxtaposition de transparence, de brillance, le tout soutenu par le jeu de l’éclairage.

Frigedor

Réfrigérateur jouet vintage suspendu dans une colonne éclairée, en Plexiglas monté sur cadre en acier,

40 x 40 x 90 cm, 2010.

Autoportrait

Colonne éclairée, Plexiglas monté sur cadre en acier, mains et pied moulés en aluminium, tête en fibre de verre,

26 x 26 x 240 cm, 1996.

Hsueh-Lin Lu

Hsueh-Lin LU est un créateur d’accessoires parisien d’origine taïwanaise, né le 7 avril 1984 à Taiwan. Il est diplômé de L'École de la chambre syndicale de la couture parisienne. Influencé par son père architecte, ses créations explorent la tradition de la couture française dans de nouvelles proportions. Au cours d'une expérience chez Lanvin, au studio femme, sous la direction d’Alber Elbaz, il prend conscience de l'importance des créations de matières et des finitions qui donnent la dimension artistique aux accessoires les plus sobres.

 

Il crée sa marque en 2010 et fait son entrée sur la scène parisienne en 2011 avec la présentation de sa première collection à la Fnac des champs Elysées. Il ouvre sa boutique le 44Bis Store, où il présente ses collections d’accessoires maroquinerie et sacs en septembre 2017, 44bis, rue Lucien Sampaix, 75010 Paris.

Motifs et finitions textiles

L’importance des motifs et des finitions est décisive pour Hsueh-Lin Lu. La matière est découpée, échancrée, surpiquée, grattée, et devient lien et ruban. Ces morceaux de cuir, de soie, de laine ou de métal sont combinés dans des arrangements originaux pour donner naissance à des matières improbables. Les broderies, l’impression, les passementeries sur lesquelles des vis, des écrous, des rondelles plates ou coniques sont appliquées, marient technique et raffinement. Des motifs, imprimés par sérigraphie sur des tissus, en ton sur ton, reprennent à grande échelle le dessin de galons préalablement confectionnés. Le choix des textures procure des arrangements aux effets mats et brillants, souples et rigides et aux nuances d’une extrême délicatesse. Les passementeries équilibrent la sobriété des vêtements dans une nouvelle architecture du corps.

Passementerie de cuir

Jeu complexe de laçages.

Galon de cuir pris dans une couture

Motif sérigraphié

Imprimé sur un jersey de laine, il reprend le dessin d’un galon original.

Passementerie de cuir

Accessoires de mode

Pour Hsueh-Lin Lu, l’accessoire n’est justement pas accessoire, mais tient au contraire le premier rôle, dans la mesure où sac, pochette, ceinture ou bracelet sont pour lui l’expression intime de celui qui les arbore. Un concept qui donne lieu à la création de pièces uniques personnalisées. Un autre axe de son travail réside dans l’idée que l’objet, dans son dessin et ses matières, doit faire écho à son usage précis, ce qui donne lieu à diverses déclinaisons. Il est ainsi possible de trouver dans la même ligne un article de luxe aux matières et finitions de grande qualité et l’équivalent dupliqué dans des matières beaucoup plus simples.

Accessoires en cuir tressé. 2010

Bracelets, avec lien, ruban et écrous aluminium.

Pochettes en agneau plongé. 2010

événements / Expositions

Expo 44Bis Store (Paris - 2018)

Antisleeping - Nell Shiina (Paris - 2019)